LE MARIAGE

Pour le meilleur et pour le pire.

Ce weekend, j'étais de mariage. Que Les hôtes me pardonnent, cela n'a rien à voir avec eux, j'ai toujours considéré les mariages, voire plus généralement les grandes fêtes, de famille ou non, comme des longs et horribles moments à passer. Même mes propres mariages (entendons-nous bien : la cérémonie qu'il y a autour, pas l'union elle-même), ne m'ont pas laissé une trace indélébile. Le plus beau jour de ta vie qu'ils disaient...

Un mariage, tel qu'il se conçoit par chez nous en tout cas, c'est un empilement de joyeusetés dont les plaisirs m'échappent totalement, comme par exemple :

Se faire beau :
Déjà, je pars avec un handicap. D'autant que je ne souhaite pas particulièrement être beau trois jours dans l'année et que ça se remarque, je préfèrerais, à choisir, être moyen tout le temps et que cela ne se remarque pas. Ce jour-là, comme tous les jours, il faut prendre sa douche, mais il faut la prendre "mieux". Il faut se coiffer, comme tous les jours, mais "mieux". Enfin, il faut s'habiller avec des habits neufs, sinon ça se voit.
Comble de l'horreur, si vous êtes une fille : une autre invitée a choisi la même robe que vous ! Enfer et damnation !

La mairie :
Première étape obligatoire, la mairie. Déjà, il faut avoir trouvé le patelin paumé ou a grandit la mariée, tradition oblige. Un bled même pas documenté sur les cartes IGN, qui ne s'attarde plus sur les villages où le nombre de bêtes à cornes, boulanger compris, et supérieur au nombre d'habitants.
La salle de la mairie, dimensionnée pour les réunions à une dizaine de personnes se retrouve bondée avec 80 gus avec appareils photos en bandoulière et petites-filles-qui-veulent-voir-la-mariée sur les épaules. Un cauchemar. La température monte à 52°C, tout le monde est bien à l'aise derrière sa cravate et sa chemise qui pue le tissu neuf. Les auréoles apparaissent sous les bras de tout le monde, mais c'est le marié qui a le plus l'air con, il tente vainement de s'essuyer les aisselles dans le voile de sa future moitié, mais ça éponge rien ce putain de tulle !
Enfin, ils finissent par dire oui sous les applaudissements et les relents de transpiration, tout le monde remballe ses flashs et court se rafraichir à l'église.

L'église :
Température dans l'église : moins dix degrés. Les vieilles pierres, y a que ça de vrai. Les petits bouquets de fleurs sont surgelés au bout de chaque rangée de chaises dimensionnées pour les pygmées Bayaka, le curé qui vient de souffler ces 153 bougies tente de tituber jusqu'à l'autel pour donner la messe. C'est parti pour une bonne heure de folie entrecoupée de chants joyeux, "christ a souffert, christ est mort...". La véritable torture, c'est de rester assis sur ces chaises de nain pendant 60 minutes. Plutôt être crucifié ! La "lecture" des vitraux nous occupe quelques moments, puis on regarde sa montre : ah, déjà 5 minutes de faites...
Les gosses mal élevés commencent à envahir la sacristie et faire valser les ciboires, les autres, qui avaient été préalablement attachés à un pilier par leurs parents prévoyants, commencent à couvrir la voix pourtant amplifiée du curé cacochyme.
Tout le monde se lève : c'est la fin ? Ah non, le "Notre Père" ou la Communion, encore raté...
Vient enfin l'échange des consentements, France 3 "Tata" Région se précipite avec son caméscope acheté pour Noël, mais se vautre dans le tapis, une horde de photographes en herbe lui marchent dessus pour avoir la meilleure place.
L'annulaire du marié, évidemment, ne rentre pas dans la bague, il faut dire que depuis qu'il a enfilé ses souliers, il se retient de respirer pour éviter que les lacets ne blesse un enfant en cédant. L'un des photographes vise ouvertement le décolleté de la témoin avec son objectif qui zoome à mort, il met quand même l'anti-yeux rouge, on sait jamais...
A la sortie, c'est des kilos de riz qui s'abattent sur les mariés. Même pas du riz équitable, les salauds. Du pauvre riz en sac de 10 kg cultivés à la sueur du front des enfants de 4 ans, les mêmes qui tiennent la traine de la mariée, tiens, mais dans un autre pays, bien sûr.

L'apéro :
16h00 : début de l'interminable apéritif. Retour à une température estivale, en plein soleil, pas un poil d'ombre dans la cour d'école qui sert de salle de réception pour l'occasion, pas de quoi s'asseoir, et que des trucs sucrés ou alcoolisés pour se désaltérer. Les stalagtites qui avaient poussé sous les bras des plus sudoripares à l'église fondent lentement et s'écoulent jaunâtrement jusqu'aux pantalons à pinces ridicules. Les premiers éternuements se font entendre. On se soigne à coup de kir qui n'a de royal que le nom.
Les serveuses sortent les plats un par un, enfin elles essayent. Sitôt sortis du camion frigorifique du traiteur, les plats sont happés par les mains des invités affamés. Ils arrivent totalement vides sur la table. Sauf une ligne de trucs verts avec une olive dessus, peu appétissants, qui restent pour les mouches qui en veulent bien, sur toutes les tables.
Les jeunes entament leur 23ème verre de kir en riant comme des bossus, l'église prend pour eux des formes bizarres, les fronts deviennent rouges violacés, il est temps de prendre la voiture pour aller klaxonner sur les petites routes du coin.

Le repas :
21h00 : heureusement, l'apéro n'a duré que 5 heures cette fois-ci. La salle des fêtes n'était qu'à 5 kilomètres (18 pour ceux qui n'ont pas roulé droit), mais il a fallu 45 minutes pour les parcourir, et bousillé le klaxon pour rabattre le caquet à l'autre devant, avec son Alfa Roméo de mes cou...
La salle est toute décorée de rose pale bien gerbant, d'ailleurs, les jeunes les moins expérimentés ont déjà ruiné les chiottes qui puent la vinasse pour le restant de la soirée. On découvre avec angoisse la place que le sort nous a réservé. Ouf, je suis pas trop mal placé. Mais bizarrement, ma femme n'est pas à côté... Tiens ? Merde, il y a un autre Merome ... Ah ben voilà, je suis placé comme une merde. Entre la table des gosses et le tonton qui mange bruyamment et salement, sur le passage des chiottes, en dessous d'une enceinte 250 Watt du DJ. Pile poil l'endroit idéal pour passer une bonne soirée de merde.
On jette un ½il sur le menu écrit dans une police improbable, mélange de Gothique, Comic et Arial. Une fois les lettres déchiffrées, on n'en sait pas plus : "délice fruité du berger hollandais", "composition alambiquée de légumineuses accompagnée de fondant de ruminant sauce glaben-wish". Miam, on va se régaler, enfin, on espère. On a bouffé jusqu'aux jupes des serveuses à l'apéro, mais on se jette quand même sur les dragées et les bouts de pains qui trainent sur la table. Faut bien se donner une contenance pour éviter d'adresser la parole à ce con de cousin qui voulait jamais me prêter ses jouets il y a 30 ans. En plus, la femme qu'il s'est trouvée est moche. Enfin, elle le vaut bien.

L'animation, les jeux :
Et c'est le moment des "youpi-super-jeux". Moment de stress : est-ce que j'ai bien mis un slip propre ? Avec ma chance, je vais me retrouver à poil au milieu de la piste à danser la carioca avec mémé Marthe. Le DJ qui a été GO dans une autre vie a une imagination débordante. Il a inventé un super jeu : un peu comme les chaises musicales, mais avec autant de chaises que de participants. Intense moment stratégique : il faut choisir sa chaise. Ca a duré des heures et on n'en était qu'à l'entrée. Chaque fois qu'il prononce un mot dans son putain de micro, je perds deux points d'audition dans l'oreille droite. Surtout les "P" et les "S", je les sens bien passer entre le marteau et l'enclume. Faites le taire, ramener un plat !

La musique, les danses :
Autant profiter de toutes les occasions pour s'échapper de cette table de pétasses et de vieux cons, même si pour l'instant, il n'y a que du Claude François, je ne désespère pas qu'il migre doucement vers la compagnie créole, qui est plus à la mode.
Les épaves terminées au gros rouge se vautrent sur la piste régulièrement. La danse s'apparente alors à un saut de haies perpétuelle. "Au bal, au bal, au bal, au bal masqué...". 'tain ce qu'on s'éclate quand même avec de la bonne musique...
Profitant d'un moment de relâchement entre deux plats, le DJ sort de ses platines l'indispensable Chenille de la Bande à Basile que tout le monde aime détester. Je ne connais pas un convive qui apprécie de se faire tripoter les hanches par le quidam de derrière en sautant comme un abruti, mais vas-y que tout le monde se met à faire la queue leu leu en grimaçant un sourire de circonstance. Bon, là, moi, c'est terminé, je boycotte. Je m'éclipse en courant et vais faire un tour dehors, loin du tumulte de la foule en liesse.
Je cherche un endroit propice à la méditation solitaire, celle qu'on pratique en ouvrant sa braguette et en se laissant aller. Pas simple : la salle des fêtes est en plein centre du village, et tous les endroits tranquilles sont déjà squattés par les adolescents qui découvrent la vie, ou sombrent dans la drogue de déception.
Je marche à tâtons jusqu'à un endroit apparemment désert et calme, mes yeux s'habituent petit à petit à l'obscurité et je vois se dessiner une vague forme de croix... Bordel, je suis en train de pisser sur une tombe ? Brr, le frisson n'est pas habituel. Je retourne dans la salle, on dirait qu'ils ont amené un nouveau plat, tout le monde s'est assis en silence.

Le bout de la nuit :
Et ça dure jusqu'à des 3-4 heures du matin. Les parents des mariés regardent leur montre : "'tain, dire qu'il va falloir ranger tout ce bordel !". Les mariés, eux, sont allés se coucher dans un endroit tenus secret, seulement connus de la demoiselle d'honneur qui reste introuvable. Merde, je crois bien l'avoir vu trainer avec son cavalier derrière la salle des fêtes tout à l'heure. Elle doit chercher un rétroviseur quelque part pour se remettre du rouge à lèvres. Et son cavalier qui lui n'est pas célibataire, doit chercher un moyen de le faire partir avant qu'il ne tache ses sous-vêtements définitivement.
Les mariés sont enfin retrouvés, alors pour se venger de cette journée de merde, on leur fait les pires vacheries. De préférence, il faut que ça soit dégueulasse, un truc immonde à faire gerber la "mousseline de sorbet de viande et son coulis de panaché de crevette". Comme ça peut-être une fois par terre, on comprendra ce qu'il y avait dedans qui donnait cet arrière goût de framboise!
Une petite soupe à l'ognon là-dessus, ça fait bien digéré, et ça donne une bonne haleine.

Le lendemain :
Après une bonne nuit de sommeil de deux ou trois heures, entrecoupées d'une sévère diahrrée sur le coup des 6 h et des envies de pisser violentes et régulières, c'est le moment d'y retourner, frais et dispos, avec la niaque et l'envie de recommencer.
La plupart des convives sont déjà entassés devant l'apéro, et on n'attend plus que les jeunes qui arrivent deux heures plus tard, les yeux injectés de sang, les vêtements tâchés de l'herbe où ils se sont endormis subitement en tombant raides comme des piquets (accessoirement en se pétant le nez au passage). L'ambiance n'y est plus. Le super DJ est parti avec ses disques du siècle passé. Mêmes les feuilles de salades semblent se laisser aller jusqu'à trainer sur la nappe en papier déchirée.
Lendemain de fête, une horreur. On raconte à la demoiselle d'honneur ce qu'elle a fait la veille car elle ne s'en souvient plus. On ne la revoit plus de la journée.
Les mariés admirent leurs trois services en arcopal et leurs deux cafetières électriques. Ils essaient de brader les 60 bouquets de fleurs qui jonchent encore une table au fond de la salle.
Ils songent à leur nuit de noce, pur fantasme, à l'énorme connerie qu'ils ont faite, non pas de se marier, parce que ça au moins, ça sert pour les prêts, mais d'inviter tous ces cons à se bourrer la gueule aux frais de la princesse.

Ce weekend, j'étais de mariage...
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# Posté le mercredi 26 août 2009 17:24

Papa

Papa jamais tu reviendras, et cette chanson nous correspond bien a tout les deux, mais je sait que tu est toujours la avec moi je t'aimerais toujours
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# Posté le dimanche 18 janvier 2009 16:08

Chanson pour ma chérie qui me rend heureux

elle se reconnaitra
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# Posté le dimanche 11 janvier 2009 11:06

Serge qui se prend pour une stars

Serge qui se prend pour une stars
Mimi a raison, tu te la pète trop quand tu voit un appareil photo.
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 04:08

Serge avec pamela anderson

Serge avec pamela anderson
Tu ma bien fait rire Serge, mais je te confirme qu'il n'y a pas de petit oiseaux qui vont sortir le l'appareil photo:D
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 03:56

Diams avec fred

Diams avec fred
Laisse tomber fred elle ta dit que c'est moi le mec mortel .
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# Posté le mardi 06 janvier 2009 03:52

Sa sent le vérité

Bien oui certaines ex sont aussi comme cela
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# Posté le samedi 03 janvier 2009 13:54

Tu pourira chanson dédier aux ex

chanson dédier aux ex et particulièrement a ceux qui se reconnaitrons.
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# Posté le samedi 03 janvier 2009 13:45